Essai

En images

Quand on prononce le mot « chinois », les lieux communs arrivent en avalanche : qualité douteuse, copiage plus qu’innovation, style souvent torturé pour ne pas dire ringard, etc. Mais en découvrant la Benelli Leoncino 500, tous ces clichés tombent, cette petite machine offrant assurément un souci du détail et une originalité marquée. Ni « néo » ni « rétro », le lionceau (leoncino en italien), classé par Benelli comme un scrambler (pour nous, c’est plutôt un roadster urbain), propose une plastique pour le moins novatrice.

Belle et efficace
Si le Leoncino reprend le moteur du trail TRK 502, tout le reste lui est spécifique : cadre treillis en acier, ancrage latéral de l’amortisseur arrière, train avant maousse costaud et une ligne aussi sympa que typée. Franchement, en rouge/bordeaux, elle a de la classe ! Notre modèle d’essai en gris n’est pas mal non plus, mais ses contours ne se dessinent pas aussi bien qu’en rouge... Affaire de goûts.

Prise en main
En selle sur le petit félin, la position est un peu déroutante mais agréable. On est assis bas (à 815 mm du sol), avec un large guidon type trail. Le galbe de la selle offre un bon maintien, mais on note d’entrée une certaine fermeté de sa mousse. Une fois le moteur lancé, il se cale sur un ralenti façon bourdonnement métallique sympathique à l’oreille. Le tempo binaire du bicylindre résonne dans les tubulures d’échappement et quelques bruits mécaniques (embrayage, distribution) se font entendre ; mais rien de bien méchant.

Boîte dure
En ville, tout va pour le mieux. L’injection est douce, la moto maniable (même si la direction est un brin lourde...), et le rayon de braquage permet de se faufiler aisément entre les obstacles. Le seul point noir, c’est la commande de boîte de vitesses franchement dure sous le pied et pénalisée par un long débattement. Il faut appuyer ses mouvements pour que les rapports s’égrènent et se verrouillent. Les rétros vibrent un peu, mais se montrent efficaces, tout comme l’éclairage avant repéré de loin par les automobilistes. Un bon point pour la sécurité.

Routière tranquille
Le Leoncino sait aussi prendre la route, oh, bien sûr, pas les grands axes autoroutiers, mais plutôt les réseaux secondaires. En dynamique, il se défend bien en offrant une tenue de route et une précision de trajectoire très correcte pour un roadster de moyenne cylindrée pas trop sophistiqué. Mais attention, essayez « d’attaquer » et vous comprendrez vite que ce lionceau n’est pas un tigre. Avec lui, il faut enrouler à la cool, soigner ses trajectoires et profiter de la bonne disponibilité du moteur à mi-régime, entre 3 000 et 6 500 tr/min. Taquiner la zone rouge ne sert à rien. Le moteur n’aime pas vraiment cela et manifeste sa désapprobation par des vibrations désagréables. Et comme la boîte de vitesses est toujours aussi dure, limiter les changements de rapports apporte du confort au roulage. Question consommation, il faut compter 3,9 l aux 100 en conduite pépère avec un maxi à 5,4 sur voies rapides. Finissons par le freinage, bien au-dessus des prestations globales de la Benelli. Ses gros étriers radiaux avant permettent de s’arrêter sur une très courte distance, bien aidés par un frein arrière efficace, ce qui est assez rare pour être souligné.

Le verdict
Si l’on associe souvent marques sous tutelle chinoise à « produits bon marché pas très bien construits », force est de constater que la Benelli est une bonne surprise. Belle, bien finie et super bien équipée (suspensions, freinage, éclairage à leds...), elle bat en brèche les a priori et se montre sympa à rouler et vraiment capable au quotidien, même en duo, vu la selle et les poignées passager ! Proposée à 5 999 €, elle coûte 200 € de moins qu’une Honda CB 500 F, sa concurrente la plus directe, avec le style en plus ! Reste à franchir un cap (psychologique) pour passer d’une marque japonaise reconnue à une chinoise portant un beau logo historique...

Fiche technique

Benelli Leoncino 500 (données constructeur)
Moteur
- Bicylindre en ligne à refroidissement liquide, 4T, 2 ACT, 4 soupapes par cylindre
- Cylindrée (al. x cse) : 499,6 cm3 (69 x 66,8 mm)
- Puissance maxi : 47,6 ch (35 kW) à 8 500 tr/min
- Couple maxi : 4,6m.kg (46 Nm) à 6 000 tr/min
- Alim./dépollution : injection Ø 37mm/Euro 4
Transmission
- Boîte de vitesses : 6 rapports
- Transmission finale : par chaîne
Partie-cycle
- Frein Av (étrier à x pist.) : 2 disques Ø 320 mm (4 opp.)
- Frein Ar (étrier à x pist.) : 1 disque Ø 260 mm (simple piston)
- Pneus Av-Ar : 120/70/ZR17 - 160/60/ZR17
- Réservoir (réserve) : 12,7 litres (2 l)
- Poids : 207 kg (tous pleins faits)
- Hauteur de selle : 815 mm
Pratique
- Coloris : gris, noir, rouge
- Garantie : 2 ans pièces et M.O., assistance
- Prix : 5 999 €

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