Vous l’avez tous vu, lu, et entendu, le monde de la moto est en pleine évolution, et cette évolution va, dit-on, dans le sens du « progrès »… Mais c’est quoi, au juste, le progrès ? Pour beaucoup, c’est la technologie, vous savez, ces « puces électroniques » qui se cachent partout, et qui donnent le « La » de la modernité ! Et l’on peut le dire, certains constructeurs en usent et en abusent sans la moindre retenue. Certaines machines sont devenues si compliquées, qu’il est même difficile de les paramétrer pour juste rouler normalement… D’ailleurs, lors des présentations presse, nous avons maintenant le droit à une séance spécifique autour de la moto, avec un « geek » maison qui nous explique comment sélectionner, régler, paramétrer, ajuster, peaufiner, et enfin démarrer, pour juste partir rouler ! Oui, partir rouler, vous savez, ce truc simple, synonyme de liberté, sans prise de tête, juste vous et votre moto. Profitez en bien mes amis, car ce temps est bientôt révolu.

Commodos à gogo pour paramétrer à l’envi

L’ère est à la moto « connectée », à l’image des gros SUV aussi inutiles que patauds qui envahissent notre espace vital. Ce qui se profile pour 2019 va droit dans ce sens. Comme on ne peut plus rouler (limitations, réglementations, pression sociale sur notre mode de transport favori), il faut trouver d’autres palliatifs. Les champions du marketing l’ont bien analysé et nous proposent la moto 2.0, celle qui embarque plein de trucs, parfois utiles, mais le plus souvent inutiles et chers… Le plus comique pour moi, ce sont ces tableaux de bord ultra complexes, capables de se connecter à votre « smartphone », comme si le simple fait de ne pas pouvoir le faire relevait du scandale. Franchement, je m’en tape de pouvoir connecter mon « téléphone intelligent »… Et attendre la pause pour relever mes messages et autres mails n’empêche pas la planète de tourner…

L’affichage du temps d’enregistrement restant sur sa GoPro, le must have du motard moderne

Et puis… Faudrait aussi expliquer que du coup, on est géolocalisé de facto ! Pratique pour vous envoyer des pubs, des alertes et autres infos pour faciliter votre « consommation » le long de votre parcours. C’est sûr, le fast food dégueu est notifié, alors que le resto local avec sa cuisine maison ne l’est pas… Pour le reste, j’aime aussi les suspensions « pilotées » auto stabilisées à double flux compensé (…), les contrôles de traction à 12 niveaux, la commande de votre Go Pro (très important pour l’ego de se filmer pour les réseaux sociaux…) via les commodos de la moto, les shifters de moto GP sur des routières placides, bref, toutes ces choses qui font la moto d’aujourd’hui…

La Honda autostable E-Riding Assist qui n’a plus besoin de vous pour être pilotée

Et encore, voilà que se profile la moto qui roule toute seule (BMW, Honda) ou avec un robot (Yamaha), je ne devrais donc pas me plaindre de cette année 2019 qui se profile… Tiens justement, pour moi, l’année commence plutôt bien, je viens de voir que la Royal Enfield 650 Interceptor a été élue moto de l’année... en Inde ! Quoi ? Seulement en Inde ? Parce que pour moi, c’est LA moto de l’année 2019, tout court… Belle, simple, fabriquée sans excès et à un tarif que replace la moto comme un engin populaire, et non comme un faire valoir statutaire, voilà ma vision de la moto !

Alors oui, pour moi, certains essais 2019 à venir seront compliqués, comme quoi, on ne fait pas un métier facile…

Bonne année à tous, et n’oubliez pas cette phrase du grand Antoine de St Exupéry : « La perfection est atteinte, non pas quand il n’y a plus rien à rajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher… »

Axel Mellerin, responsable des essais, 03/01/2019
Source photo : twitter.com/bikeindia

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