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Jean-Marc Deletang, à côté du camion, a été le formateur de la journée pour les adhérents de la Casim, sur le circuit de Thénay dans le Val-de-Loire.

Samedi 20 mai 2006, une trentaine de motards se sont retrouvés sur le magnifique circuit du Val-de-Loire dans le Loir-et-Cher (41) à l’initiative de la CASIM (Chaîne d’amitié pour la sécurité et l’information des motards). Il s’agit pour ces stagiaires, dont certains ont parcouru plus de 250km, de découvrir les bonnes trajectoires et de s’initier à la piste pour la modique somme de 50 €. C’est la première fois que le site, habituellement investi par les voitures, accueille une association de motards.

« Habituellement, nous louons celui de la Chatre (36), seulement, les circuits sont de moins en moins accessibles. Maintenant, il faut réserver plus d’un an à l’avance », souligne Teddy Rouillé de la commission « prévention / sécurité ». Aussi, « pour qu’une grande partie de nos stagiaires puissent participer, il nous fallait trouver un site non loin d’Angers », ajoute Michel Besnier, l’un des moniteurs.

Contactés les responsables du circuit les ont tout de suite orienté vers Jean-Marc Delétang. Cet ancien champion de France de Superbike, aujourd’hui concessionnaire dans la région, s’est montré de suite en accord avec les valeurs de la Casim. « J’ai remarqué son attachement à la qualité de sa prestation par son désir de n’avoir que peu d’élèves à cette journée. De notre côté, nous devions quand même joindre un peu les deux bouts. Avec 29 stagiaires, nous ne rentrons pas dans les frais, mais notre but est aussi de préserver la qualité de l’enseignement », ajoute Michel.

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Christophe est venu de Nantes, avec son VFR de 1993, pour s’offrir « de l’angle en toute sécurité ».

Visiblement la formule plaît. C’est le cas de Christophe, qui vient de Nantes pour offrir à son 750 VFR les joies de la piste : « Cela me permet de prendre plus d’assurance, de mieux équilibrer le freinage et d’avoir une meilleure position... je suis prêt à en refaire, si le coût est raisonnable et que le temps soit aussi de la partie ! »

Cette piste, les « casimirs » l’ont d’abord parcouru à pied pour découvrir le tracé et de définir les points de corde et de chute, sous les conseils de l’ancien champion. Ces points, matérialisés par des plots, se sont révélés d’indispensables repères pour les novices qui ont pas mal flirté avec le bac à sable !

Former et apprendre la sécurité entre motards

C’est en 1981, au décès de son fils de 18 ans qui venait de passer son permis, que Claude Boyé crée son association afin que cette perte « ne reste pas inutile ». Avec l’appui de quelques camarades motards, il monte, à Nantes, la Chaîne d’amitié pour la sécurité et l’information des motards, avec l’objectif de « former, et aider d’autre motards à apprendre la sécurité entre eux ».

Un pari réussi, puisque aujourd’hui l’association, qui fête ses 25 printemps, s’est étendue sur le Maine-et-Loire (49), mais aussi en Vendée, ainsi que sur d’autres départements bretons. Chaque association locale se doit de poursuivre ses objectifs, tout en restant autonome. Celle du 49 a choisi la voie du circuit, en complément des enseignements donnés à l’année. En quelque sorte, « comme une cerise sur le gâteau », note Michel.

Stage pilotage pour tous

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Avant de s’élancer sur circuit, les stagiaires ont découvert les trajectoires avec les indications de Jean-Marc Delétang. Les cônes sont là pour servir de repère.

Tel pourrait être la devise de Jean-Marc Delétang, qui fait partager son expérience de la piste aux motards chevronnés, comme aux débutants en 125cm3, qui n’ont souvent qu’un simple permis auto en poche.

Le samedi à Thénay, JMD propose à ses clients un stage de pilotage. Il ne prend que 10 élèves par stage pour mieux garantir le résultat. A 150 € la prestation, Jean-Marc la considère efficace : « L’autre jour, parmi des motards en sportive, je me rappelle d’un client en XJR, avec sa nouvelle moto qui affiche 800 km. Il reconnaissait avoir appris plus qu’avec son ancienne qui totalisait près de 30000 km, il était heureux », se réjouit-il.

S’éclater en toute sécurité

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Teddy est un des encadrants de la Casim. Il roule sur une Aprilia 250. Son souhait : « Qu’il y ait davantage de circuits proches des motards. »

Ouvrir les circuits c’est bien, mais encore faut il pouvoir s’y rendre. Pour s’adonner à leur passion, les motards des Pays-de-Loire doivent faire au minimum 500 kms dans la journée. Avec le roulage sur le circuit, les retours par la route peuvent s’avérer fatigants et dangereux. C’est une réflexion de Teddy, un des encadrants de la Casim 49 : « Lorsque je tourne avec mon RS, c’est sur la Châtre (36) ou au Vigeant (86), cela représente 300, voir 400 bornes pour aller. Le Mas-du-Clos (23) est trop loin, Carole (93) est bondée de motards franciliens le week-end, et il faut être licencié pour rouler sur le Bugatti du Mans (72) [...] Pourquoi ne pas en construire des nouveaux circuits dans les régions où il n’y en a pas, la simple commune de 5000 habitants a bien son terrain de foot ! », observe Teddy

Il y a peu, était inaugurée la 3e édition de l’opération « portes ouvertes des circuits ». 11 journées semblent peu, sachant que la plupart sont surchargés. « Ce qui est dommage... », ajoute Jean-Marc Delétang. « C’est qu’il n’y a pas de réelle volonté politique, la Fédération française de moto (FFM) n’est pas assez représentative et assez forte. Qu’on respecte les limitations de vitesse, il n’y a aucun souci, mais donnez-nous des exécutoires où on peut aller s’éclater en toute sécurité », martèle JMD.

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