Bilan occasion

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DUCATI 1000 & 1100 DS Multistrada : habillage DUCATI 1000 & 1100 DS Multistrada : frein DUCATI  1000 & 1100 DS Multistrada : fourche

Depuis la disparition de la gamme ST, c’est la Multistrada qui a repris le flambeau des routières dans la gamme Ducati. Mais attention, dans la culture de Bologne, cette catégorie n’a jamais rimé avec utilitaire et aucun compromis n’a été concédé en la matière. Au guidon, c’est donc le plaisir du pilotage qui prime et mieux vaut remiser ses projets de virées bucoliques en duo ou de voyages au long cours avec armes et bagages, sous peine de compromettre l’unité du couple… Si cette italienne atypique n’engendre pas la mélancolie, elle requiert aussi un moral d’acier pour résister à ses multiples sautes d’humeur.

A surveiller :

S’assurer tout d’abord du respect scrupuleux des préconisations d’entretien, et notamment des courroies de distribution, qui sont à remplacer tous les 20 000 km. Une faiblesse récurrente des guides de soupapes a été constatée sur les 1000 cm3 (2002-2007) mais de nombreux cas d’avaries mécaniques diverses (soupapes, vilebrequin, bielles, culasses, axes de pistons et pistons…) nous ont été signalés. L’alternateur peut aussi présenter des signes de faiblesse (roulement défaillant, dévissage du rotor). Traquer les grondements et bruits parasites car une telle panne peut engendrer une casse du carter. Inutile de préciser que les réactions du SAV à l’énoncé de ces problèmes lourds vont de l’ignorance polie à la désinvolture la plus totale… Sur le 1000 cm3, vérifiez que l’embrayage n’est bruyant qu’au point mort, sinon, c’est que la cloche est endommagée et les disques en limite d’usure (possible dès 20 000 km). Les silentblocs de l’amortisseur de couple situé dans le moyeu arrière peuvent s’user prématurément (dès 15 000 km). S’assurer que la couronne de transmission n’a aucun jeu latéral (risque de frottement de la chaîne contre le bras oscillant). Des fuites sont possibles sur le circuit d’alimentation en carburant (raccords de durites, joint de pompe à essence). Testez toutes les fonctions électriques (défaut d’étanchéité du circuit, connexions oxydées). Une mauvaise série de boîtiers CDI a occasionné des dysfonctionnements moteur (à-coups moteur, démarrage aléatoire ou impossible). Une faiblesse du circuit de charge (cosses desserties, régulateur défaillant) peut entraîner une usure prématurée de la batterie. Vérifier que cette dernière n’est pas flambant neuve… Contrôler que la démultiplication secondaire soit, sinon conforme à l’origine (pignon de sortie de boîte 15 dents et couronne 42 dents), au moins proche (un pignon de 14 permet de gagner en souplesse).

Points faibles :

La mécanique trop peu souple et desservie par un embrayage excessivement dur (amélioré sur la 1100 cm3) ne facilite pas les évolutions en milieu urbain. Le faisceau de phare est unanimement décrié, tant en feu de croisement (trop concentré) qu’en feu de route (manque de puissance). Les propriétaires qui ont opté pour les valises proposées en option déplorent qu’elles engendrent une imprécision du train avant à vitesse soutenue. Tous s’accordent pour reconnaître que la place du (de la) passager(e) n’est guère enviable, du fait de repose-pieds métalliques non isolés des vibrations et de poignées de maintien peu pratiques.
La béquille latérale instable (voir « à surveiller ») et les rétroviseurs illisibles (vibrations, étroitesse des miroirs) font pester une majorité de propriétaires. Nombre d’entre eux sont chagrinés qu’il soit quasi impossible de placer un antivol en U dans la roue avant du fait de la forme du garde-boue. Celui-ci s’avère d’ailleurs aussi joli qu’inefficace et garantit une aspersion totale de la mécanique et du conducteur à la moindre averse, phénomène aggravé par l’absence de toute protection à l’arrière. À noter que la béquille centrale proposée en option réduit excessivement la garde au sol.

Points forts :

Au niveau des arguments d’achat, rien d’étonnant à ce que le registre de l’irrationnel et de la passion prédomine chez une majorité des utilisateurs. Comme l’indique malicieusement un aficionado : « On n’achète pas cette bécane pour devenir livreur de pizza, cela risquerait de décoller les olives ! ». Le moteur, bien que manquant de souplesse (voir pts faibles), rallie tous les suffrages, tant en termes de caractère que de puissance. Il s’avère d’ailleurs légèrement plus civilisé en version 1100 cm3 (souplesse accrue, embrayage en bain d’huile). La tenue de route est bien sûr au diapason, à tel point que même les anciens propriétaires de sportives retrouvent leurs marques. Et comme le freinage complète parfaitement ce profil de sprinteuse, il n’est pas étonnant que nombre de propriétaires fréquentent assidûment les circuits, voire tâtent de la compét’ (rallye, course de côte…). L’instrumentation très complète (mini-ordinateur de bord) fait l’unanimité, tout comme le coffre latéral situé dans le flanc droit du carénage, pratique pour loger un vêtement de pluie. Enfin, ceux qui réalisent l’entretien courant eux-mêmes saluent l’accessibilité mécanique exemplaire.

Au baromètre de l’occasion :

Souffrant d’un fort déficit d’image au sein de la gamme, la Multistrada s’est aussi fait rattraper par une calamiteuse réputation de fragilité, due aux déboires de la 1000 cm3. Seuls les modèles de première main et améliorés d’options peuvent s’échanger au tarif de référence. Pour les autres, la décote est sévère (15 à 20 %), quelle que soit la cylindrée.

Délai de revente : 2 à 3 mois

Premier prix en occasion : 3 800€

Exemplaires immatriculés : 1 620

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