Bilan occasion

Conformément à ce qu’affirme la sagesse populaire, l’exception se paie au prix fort. La GL 1800 en est la parfaite illustration, tant sur la route que sur le relevé bancaire ! La cote très soutenue impose un examen rigoureux et des preuves d’entretien suivi. Une précaution élémentaire pour en engin qui coûte plus cher d’occasion que 99 % de la production neuve !
_Cette déclinaison du mythe Goldwing prétend faire oublier sa devancière. Au menu, d’avantage de couple, de puissance et d’onctuosité mais aussi une tenue de route nettement plus rigoureuse et un poids inférieur (9 kg de moins). Attention : ceux qui succombent à ses charmes entrent purement et simplement en religion !

A surveiller :

En toute logique, on retrouve au guidon de ce mastodonte une majorité d’habitués, ayant usé au moins une 1500 cm3, voire plusieurs Goldwing depuis la première 1000 cm3 ! Pour le candidat à l’achat d’occasion, cette spécialisation est un atout qui permet d’obtenir généralement toutes les garanties d’entretien et de bons soins. Côté partie-cycle, quelques rares cas de fissurations du cadre ont été pris en charge en SAV en 2002 mais plus aucun n’a été répertorié depuis.
_Cette même année, une mauvaise série de roulements de direction a fait l’objet d’un remplacement pris en charge sous garantie (pas de rappel). Outre cette mésaventure, traquez les points durs dans la direction au-delà de 30 000 km. L’usure des disques de frein peut s’avérer critique à ce même kilométrage. L’instrumentation recèle autant de failles potentielles à l’humidité que de commandes (45 au total !). Le tour d’horizon de toutes les fonctions sera l’occasion de décrypter l’annuaire qui fait office de manuel d’utilisateur (à exiger).
_Le tachymètre peut se mettre en berne, le fonctionnement de la radio s’avère parfois chaotique (RDS inopérant, indications tronquées, mémoire réinitialisée…). Des problèmes de batterie à plat après un arrêt de plus de 7 jours trahissent des mauvaises masses, généralement liées à l’oxydation du circuit électrique. Côté habillage, le chrome des multiples caches en plastique peut s’écailler tandis que ceux qui enserrent le moteur sont victimes de la corrosion (piqûres). Scruter aussi les coutures de la selle parfois décousues, voire déchirées (surtout à l’arrière).
_Le carénage peut avoir souffert au niveau des points de fixation (ergots). Enfin, toutes les ouvertures sont à inspecter de près (boîtes à gants, valises, top-case) car elles sont sujettes à un jeu excessif et les serrures peuvent s’avérer récalcitrantes (coincées même avec la fermeture centralisée).

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Occaz Honda Gold1800 : la soute
Nombres de rangements permettent de caser le nécessaire.
- Surveillez les jeux des serrures et charnières.

Points faibles :

Malgré l’excellent équilibre d’ensemble (voir pts forts), la majorité des utilisateurs concèdent qu’un engin d’un mètre dix de large et de plus de 400 kg avec les pleins fait monter le taux d’adrénaline en ville et lors des manœuvres. Toute approximation est sanctionnée sans appel et la facture d’une étourderie pèse aussi lourd que l’engin… Sans compter, comme le soulignent d’infortunés goldwinistes, que le relevage sans aide extérieure requiert non seulement un gabarit de déménageur mais aussi d’indispensables mouvements d’échauffement ! Sur route, la béquille centrale est la première à gémir lors des prises d’angle mais les plus aguerris ont aussi laissé pas mal de plastique (bas de carénage) et de chrome (pare-carters, échappements…) sur la route… Cette garde au sol réduite impose la plus grande prudence en ville (trottoirs) et l’adoption d’un rythme de conduite apaisé sur les routes de montagne. Tout comme le train avant qui avoue ses limites pour contenir les cinq quintaux en mouvement et trahit une inertie préjudiciable à la précision d’ensemble. Reste à contrer la forte sensibilité au vent du vaisseau, surface oblige.
_Côté équipement, la majorité des utilisateurs raillent le réglage manuel de pare-brise, l’absence d’essuie-glace sur ce dernier et la fermeture malaisée des valises une fois celles-ci chargées.

Points forts :

taires, la 1800 GL est le meilleur moyen d’entrer dans une autre dimension sur deux roues. Et les louanges ne concernent pas seulement le confort impérial qui règne au guidon mais aussi le caractère inimitable du 6-cylindres. Onctueux à souhait et gorgé de couple à tous les régimes, il distille un feulement ensorcelant et une poussée « suffisante » à chaque rotation de la poignée de gaz. La prise en main est facilitée par la faible hauteur de selle (740 mm). Le poids se fait quasiment oublier dès que l’engin circule au pas et la stabilité est exemplaire à toutes les allures. Bien entendu, ce monstre dévore l’autoroute sans même que son équipage ne s’en rende compte. Aidée par un freinage impérial, la partie-cycle reste toujours stable et permet de s’affranchir des itinéraires les plus sinueux en toute tranquillité (sauf garde au sol).
_Rarement une moto donne autant l’impression d’avoir été conçue pour deux. La place du passager cumule les avantages : assise confortable (et chauffante !), larges repose-pieds, carénage qui préserve des remous d’air… De quoi rendre accro plus d’un(e) occupant(e) du siège arrière. Les 147 litres de soute permettent aussi d’éviter les angoisses et/ou scènes de ménages lors du chargement.

Au baromètre de l’occasion :

Les machines dont la cote d’occasion dépasse le prix de deux roadsters neufs ne sont pas légion. C’est pourtant bien le cas de cette Goldwing, qui s’échange même souvent 10 à 15 % au-dessus de la cote du fait d’une offre plutôt restreinte. Les modèles améliorés d’options sont logiquement proposés encore plus chers que les autres… Allô, la banque ?

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