Dans sa guerre contre le « véhicule polluant », Anne Hidalgo reste inflexible. Après avoir été la première et la seule ville de France à interdire dès juillet 2017 certains véhicules, en tout temps et non uniquement lors des épisodes de pollution, Paris campe sur son jusqu’auboutisme. Depuis ce 1er juillet 2019, les Crit’Air 4 sont priées de rejoindre les rangs des bannis et de ne plus franchir le périphérique du lundi au vendredi, de 8h à 20h. Sont concernées les 2-roues antérieurs au 1er juillet 2004, soit des machines de tout juste 15 ans. Quant aux voitures, ce sont les diesels d’avant 2006 et les essences antérieures à 1997 qui sont priés de rebrousser chemin.

La métropole ne fait pas non plus dans la demi-mesure
La Métropole du Grand Paris (MGP) a, elle aussi, opté pour la voie dure, en se prononçant pour l’interdiction des Crit’Air 5 (2-roues immatriculés avant le 1er juin 2000) sur le territoire des 79 communes comprises à l’intérieur de l’A86. Ce voeu pieux de Patrick Ollier, le président de la Métropole, a été partiellement désavoué par les communes concernées puisque seules 47 d’entre elles (en jaune sur le visuel) ont accepté, à l’issue d’un vote, de suivre le président de la Métropole.

Sac de nœuds
Pour les usagers le patchwork qu’est devenue une partie de l’Île-de-France promet de transformer le moindre déplacement à l’intérieur de l’A86 en partie de plaisir. Ainsi, pour aller de Fontenay-sous-Bois à Romainville, les propriétaires d’un véhicule jugé trop ancien seront priés de contourner Montreuil, Rosny et Noisy par l’est, ces trois communes ayant signé pour la mise en place des interdictions de circulation. Il va falloir commencer à se plonger dans le paramétrage approfondi de son appli de navigation ou de son GPS.

Amendes à venir
La MGP indique que les verbalisations n’interviendront pas avant 2021 afin de laisser à l’État le « temps de mettre en place un système de contrôle global par vidéo-verbalisation ». Si les forces de l’ordre vous arrêtent ce sera donc à des fins pédagogiques sauf... à Paris (tiens donc) et lors des épisodes de pollution (tel celui observé lors de la récente canicule et pendant laquelle tous les véhicules Crit’air 3 et au-delà étaient interdits). Pour mémoire, le montant de l’amende pour non respect des restrictions de circulation est de 68 €. Le défaut de vignette Crit’Air sur son pare-brise est sanctionné du même montant.

2021, date couperet
La Métropole du grand Paris a déjà établi un tableau prévisionnel des interdictions à venir. Fin 2021, année de la video-verbalisation donc, les Crit’Air 4 seront également bannis des 79 communes à l’intérieur de l’A86 (sous réserve, toujours, d’accord de leurs maires respectifs). À partir de cette date charnière, le rythme des interdictions de circulation va sérieusement s’accélérer et nous vous conseillons vivement de consulter le tableau ci-dessous avant de porter votre dévolu sur une nouvelle moto.

La province également touchée
Longtemps, les usagers ont pensé que la vignette Crit’air et les interdictions de circulation afférentes n’étaient qu’une préoccupation de Parisien. C’est ce qu’a souvent constaté la FFMC qui dénonce depuis toujours le caractère antisocial de ces mesures qui excluent les plus fragiles de nos villes. Pourtant les problématiques de restrictions de circulation ont depuis longtemps dépassé le simple périmètre de la capitale. La loi d’orientation des mobilités (LOM) impose aux intercommunalités (EPCI) de plus de 100 000 habitants et exposées à des dépassement de seuil de pollution la création de ZFE (Zones à faibles émissions) à partir de 2020. Les Lyonnais en ont fait la douloureuse expérience lors du récent pic de pollution en récoltant des amendes de 68 € comme le relate Le Progrès.

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