Avec un tel patronyme et le look d’une machine du Dakar, cette petite moto apparaît comme une alternative économique pour barouder au bout du monde. Nous avons fait le pari de partir pour 6 mois à son guidon, en Amérique du Sud… et en duo ! Précisons d’abord que notre Honda CRF 250 Rally est strictement de série. Elle a uniquement reçu un porte-bagages fait maison avec repose-pieds suspendus et une prise allume-cigare pour recharger nos téléphones.

On a aimé
La légèreté, pourtant toute relative (157  kg en ordre de marche), en fait une moto facile et rassurante, notamment en tout-terrain. Sur la route, le petit pare-brise comme le carénage (avec déflecteur devant les pieds) offrent une protection appréciable contre les intempéries et son appétit d’oiseau (3 litres/100 km) une autonomie de 250 à 280  kilomètres avant réserve. Côté entretien, pointons que la vidange est préconisée tous les 12 000 km et que le kit chaîne n’a pas bougé. Nickel.

On n’a pas aimé
Il faut avoir des fesses solides pour s’accommoder de la selle en duo, sa partie avant se montrant très dure. Et si les suspensions affichent un débattement flatteur (rien n’est réglable hormis la précontrainte du ressort arrière), elles sont vite hors limite en tout-terrain (même en solo), comme sur des routes au revêtement aléatoire. On peut supposer que cette moto n’a pas été conçue pour rouler en duo avec armes et bagages, et il faut donc anticiper les réactions chewing-gum. Les protège-mains, trop souples, ne sont d’aucune utilité en cas chute.

On s’en accommode
Les pneus d’origine sont efficaces en tout-terrain, mais les crampons génèrent du flou côté tenue de cap. Et l’arrière a rendu l’âme après 10 000 km. On espérait mieux sur une 250 cm3 de 25 ch. Une puissance qui fait chercher les pédales dans les cols et qui nous a conduits à opter pour une bagagerie légère de type souple et étanche. Mais encore une fois, il faut bien admettre que cette configuration est hors-norme. Pour les supports de sacoches, il faut passer par les services d’un soudeur. Le filtre à air est très accessible, mais il s’agit d’une cartouche papier, donc jetable et non lavable.

Pour conclure
Si c’était à refaire, je m’offrirais un amortisseur adaptable de meilleure qualité et réglable, une selle plus confortable et un réservoir plus gros. Car 250 km, ici, c’est parfois juste. Nous avions prévu, à la base, d’avoir une moto chacun.
La Rally constitue un bon choix par rapport à une 1000 Africa Twin, par exemple, lourde et aussi coûteuse que deux 250. Une moto légère permet d’improviser et d’accéder à des pistes où l’on n’oserait s’aventurer avec une grosse cylindrée. Or, l’improvisation est une composante essentielle du voyage !

Aller plus loin

Découvrez l’essai complet de la Honda CRF 250 Rally dans le Moto Magazine 342 de novembre 2017 (actuellement en kiosque) ou en le commandant sur motomag.com, rubrique boutique

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Texte Aldo Fusco - Photos Frédérique Hughes

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