Avec un chiffre d’affaires en constante progression, les radars étaient jusqu’alors une entreprise qui ne connaissait pas la crise. Comme le rappelle une annexe au projet loi des finances 2019 : « Les recettes du système du contrôle automatisé contribuent depuis l’origine à l’extension du système lui-même. En effet, dès 2003 et la mise en oeuvre des premiers radars automatiques, le législateur a prévu que les recettes générées par ces radars devaient contribuer à financer le déploiement du système ». Et jusqu’alors tout tournait comme prévu avec le milliard d’euros en 2017, une année record. Fort de ce beau résultat, le ministère des Finances espérait naturellement une nouvelle progression en 2018. Pour réaliser cet objectif, il comptait s’appuyer sur le déploiement des nouveaux radars tourelles et sur la privatisation des voitures radars initiée en Normandie et amenée à s’étendre. Et patatras !

-15% en 2018
Les prévisions du ministère des Finances auront finalement été contrariées en 2018 avec « une diminution sans précédent des recettes » pointe la Cour des comptes. En une seule année, le chiffre d’affaires, établi à 864,3 millions d’euros a reculé de 15% soit un manque à gagner de 150 M€. Voilà probablement une forte déconvenue pour l’État qui compte de plus en plus sur la manne des amendes de police (stationnement compris) pour son propre désendettement. En 2018, 452 M€ y étaient consacrés indique le Sénat.

Les raisons de la chute
Plusieurs raisons peuvent expliquer cette dégringolade du résultat des radars à commencer par le vandalisme sans précédent dont ils ont été victimes. Le ministère de l’Intérieur avait annoncé un chiffre, gonflé, de 75%. La Cour des comptes s’appuie sur une donnée plus réaliste : le « taux mensuel de disponibilité » des radars qui est passé de 92% au 1er trimestre 2018 à 73,1% en décembre. Ainsi, faute de photo exploitable, 1 usager « flashé » sur 3 ne recevrait désormais plus sa contravention. Nos confrères d’Auto Plus avancent une autre hypothèse en indiquant que la hausse des carburants a probablement incité les conducteurs à adopter une conduite plus apaisée et donc moins susceptible de déclencher l’ire des radars. La Cour des comptes indique aussi que « certaines données témoignent d’un comportement plus vertueux des conducteurs » et qu’il « conviendra d’être vigilant sur l’impact des modifications de comportement (...) en termes de réduction des recettes ».
Amis motards, pour le bien des finances publics, n’hésitez donc plus à mettre un petit coup de gaz (un gros si vous êtes patriote) quand un radar se profile à l’horizon.

2019. La cata !
Et le pire est à venir pour le petit business des radars. Alors que l’État comptait empocher 1,23 milliard d’euros en 2019, nos confrères des Échos croient savoir que Bercy a sérieusement revu ses objectifs à la baisse et n’espère plus que 649 M€. Une chute vertigineuse qui pourrait bien mettre à mal les projets de réparation ou de remplacement des radars vandalisés dans le sillage de la grogne des motards contre le 80 km/h et du mouvement des Gilets jaunes. La fin d’une époque ?

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