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Eduquer ou réprimer ?
Pour réduire le nombre d’accidents sur nos routes, la Sécurité routière (rentière ?) a choisi la répression en multipliant, notamment, les contrôles de vitesse automatisés. En 2016, les flashs rapportaient presque 1 milliard d’euros. Si les recettes ne cessent de croître, cela ne se traduit plus par un infléchissement notable du nombre de tués sur nos routes. Même au plus haut niveau de l’Etat, on s’interroge sur la pertinence de cette stratégie en termes de réduction du risque routier. On en vient même à se demander si la recherche de rentabilité ne serait pas l’un des critères qui président au choix de l’emplacement des radars.

Pression constante
Le ministère de l’intérieur n’entend pas pour autant relâcher la pression sur des usagers de plus en plus traqués : radars de virage, voitures radars banalisées confiées à des sociétés privées, radars de poche… En termes de rentabilité, la stratégie portera ses fruits. En termes de sensibilisation et d’éducation aux bons comportements routiers, rien n’est moins sûr.

La FFMC réfléchit et construit
Face à la sinistralité routière, la FFMC a choisi, dès sa création, un angle d’attaque radicalement différent. En fondant, en 1984, l’AFDM (Association de formation des motards), les motards en colère plaçaient l’éducation et la formation au cœur de leur réflexion. Ce sont précisément les stages « Perf’ » de l’AFDM qui viennent de recevoir le label European Quality Label Motorcycle Safety après un audit de l’exigeant German Road Safety Council, l’organisme allemand à l’origine - avec l’Association Européenne des constructeurs motos (ACEM) - de cette certification.

Se former plus pour risquer moins
Pascal Wolf, enseignant de la conduite évoque la naissance de l’association : « Très rapidement, nous nous sommes rendus compte que le niveau de formation des motards au sortir du permis de conduire n’était pas très bon. Il leur manquait certaines connaissances pour bien maîtriser leur machine. L’utilisation des commandes et la gestion technique du freinage et de l’inclinaison devaient faire l’objet d’un approfondissement. Les situations d’urgence et le roulage sur le mouillé également. » L’idée de faire de la formation post-permis – en l’occurrence un stage intensif de 2 jours - est apparue comme une évidence. Pierre Malexis, coordinateur de l’AFDM nationale, rappelle à juste titre que « le permis de conduire n’est pas une qualification mais seulement une autorisation à amener un véhicule sur route ouverte. »

Les motards parlent aux motards
Pour l’AFDM, il est également important que ces stages « Perf’ » fassent intervenir des bénévoles. « Un même message pédagogique n’est pas perçu de la même façon selon qu’il est délivré par ses pairs ou par une autorité doctorale. » A l’AFDM, formateurs et stagiaires, sont des motards usagers de la route. Selon Dr. Veneta Vassileva, coordinatrice sécurité pour l’ACEM, « Il est important de développer une culture de la sécurité chez les conducteurs dans la mesure où toutes les études récentes montrent que les accidents sont le plus souvent dus à une erreur humaine. Améliorer la formation des conducteurs peut évidemment jouer un rôle important dans ce processus. »

La Mutuelle des motards appuie la démarche
Un point de vue que partage l’AFDM dont la pertinence de l’approche est également saluée par la Mutuelle des motards qui accorde à vie aux motards ayant suivi le stage « Perf’ » une réduction de prime de 20% sur les garanties roulantes (responsabilité, protection juridique et dommage au véhicule). Logiquement un motard mieux formé est moins accidenté et coûte donc moins cher à l’assurance. CQFD.
Il n’est par contre pas certain qu’un motard maîtrisera d’autant mieux sa machine qu’il aura été flashé de nombreuses fois à son guidon. Et pourtant le gouvernement continue à investir massivement dans les radars.

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