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La Rand’Auvergne : public affable La Rand’Auvergne : repos bien mérité La Rand’Auvergne : du pro au débutant Enduro Rand’Auvergne : le bain de boue d’un poireau

Voyant ma mine déconfite, le commissaire met la moto en travers de la pente, grimpe dessus et la monte pour moi en haut de la pente comme qui rigole. Ça a l’air si facile quand on voit faire… Bon, le ridicule ne tue pas de toute façon ! Je le rejoins à pied, en haut il me demande : « Ça va ? » « Ben oui, mais pour un premier enduro, c’est un peu raide… » ; yeux ronds du commissaire : « Mais mon gars, on ne vient pas à la Rand’ pour son premier enduro ! »

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Ça, je commence à m’en douter… Flash-back, 3 mois plus tôt. Patrick : « Tu verras, la Rand’Auvergne c’est facile, c’est une rando avec quelques spéciales histoire de… » Moi, naïf : « Tu es sûr ? Mon expérience en la matière se limite à quelques balades sur mon vénérable 250 KLR de 20 ans d’âge. » « Pas de problème, fais-moi confiance ! » « Bon OK, mais c’est toi qui me pousseras dans les côtes ! » Et voilà comment, en deux minutes, on en prend pour 16 heures de galère… Sur ce, Patrick se casse un genou au Trèfle lozérien et ne sera même pas là pour pousser ! Beau joueur, il me prête sa KTM 250 EXC, une monture nettement mieux armée que la mienne qui de toute façon n’aurait pas tenu le choc dans les liaisons.

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L’Auvergne, ses fromages, ses volcans… On pourrait dire aussi : ses pierres. Il y en a partout, ça tape en permanence ! En liaison, un pierrier en côte monumental se profile à l’horizon, dans lequel même les meilleurs mouillent le maillot (pour une fois je ne suis pas le seul à la peine). Gérald, fatigué sur sa 250 TTR plus adaptée à la promenade qu’aux pierriers auvergnats, décide judicieusement de rejoindre le CH par la route pour se requinquer en nous attendant. Je me lance, les rochers me paraissent énormes et sont pleins de gadoue à cause du passage des concurrents précédents. Avec la pente, la moindre hésitation se traduit par un plantage en règle. Ce qui ne tarde pas : obnubilé par la taille des pierres, je les regarde une par une – erreur de débutant – et je me pose après à peine 3 mètres parcourus. Thierry, enduriste confirmé qui joue également le rôle de moto balai pour Gérald et moi, me rappelle à l’ordre : « Le regard ! », lance-t-il. Je repars, debout sur les repose-pieds, le bassin en arrière, le regard au loin et ça marche ! Il suffit de maintenir les gaz et la moto fait tout le travail. C’est vraiment incroyable ce que peut encaisser une moto d’enduro ! Mes bras, par contre…

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Plus habitués au circuit, où on ne se fait pas tabasser comme ça par la moto, ils crient grâce alors qu’il ne reste qu’une trentaine de mètres à parcourir. Je pose la moto sur le côté pour souffler. J’en profite pour regarder les bons passer. Impressionnant. Les motos rebondissent dans tous les sens, les pare-carters tapent, les pilotes sont en déséquilibre permanent, ils se rétablissent d’un coup de gaz ou d’un coup de pied bien placé. Je franchis les trente derniers mètres d’une traite, presque en m’amusant. Je commence à m’y faire, finalement, à cette Rand’. Trois heures plus tôt, je ne me serais jamais cru capable de passer ce pierrier. Je maudis Patrick quand même pour la vingtième fois de la matinée ! Heureusement, c’était la principale difficulté de l’édition. Une tradition à la Rand’ : le passage difficile est systématiquement le samedi matin. Pas bête pour nous les poireaux, car tout le monde est encore frais. Ensuite, c’est du bonus, on profite du paysage magnifique sur tout le reste du parcours entre sous-bois et plateaux d’altitude. L’autre avantage de l’épreuve est qu’il est toujours possible de zapper une partie trop difficile et de continuer hors classement. C’est bien là l’esprit d’une classique « de masse » : emmener les top pilotes et les anonymes à travers de beaux paysages, chacun à son niveau.

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Bains de boue
Dimanche matin, réveil difficile, mes muscles peu habitués à ce traitement de choc ont du mal à se remettre des 9 h 30 de moto quasi non-stop de la veille. Mais pour cette deuxième étape, le parcours est sympa. Gérald et moi roulons tranquillement, des heures, loin de tout dans les sous-bois du sud d’Ambert et ses bourbiers. Je retiens particulièrement celui situé en contrebas de St-Bonnet. Difficile de décrire la scène : un cloaque de 70 cm de profondeur sur 50 m de large et au moins 100 m de long.

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Je choisis de partir sur la droite où je trouve une ornière avec une motricité correcte. La technique est simple : assis sur l’arrière, on pédale avec les jambes poignée dans le coin. Surtout ne pas couper ! Je gère plutôt bien l’affaire quand soudain je sens l’avant escalader un tronc d’arbre traîtreusement caché sous la boue. Élan coupé, la moto s’arrête en équilibre, j’ai les pieds dans le vide et je m’étale de tout mon long dans la m… ! Bien que coutumier des chutes dans les bourbiers, je ne m’étais encore jamais autant « emboué », j’en ai jusque dans les oreilles. La moto, elle, a carrément coulé, seule la poignée de gaz et l’extrémité avant du garde-boue dépassent ! Des spectateurs courageux se sont jetés à la boue pour assister les concurrents en difficulté.

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On redresse la moto, je la laisse à la verticale une minute pour évacuer l’eau de la boîte à air. La KTM repart au premier coup de kick, costaud, une moto d’enduro ! Bien assis sur l’arrière, gaz en grand, je sors enfin. À la sortie, pas besoin de décrire à Gérald mon passage, l’état de ma tenue parle pour moi… Thierry a dû repasser par Ambert pour réparer son pot d’échappement qui n’a pas résisté aux chocs incessants, mais finit quand même la journée. Après 16 heures de moto en 2 jours, nous sommes tous fatigués mais heureux d’être allés au bout. La région est magnifique, l’organisation sans faille, et l’ambiance excellente avec les spectateurs et les riverains. Mais quoi qu’en disent vos copains, il vaut mieux commencer par un enduro plus facile…

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