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Le certificat pour la qualité de l’air Crit’Air va entrer dans le quotidien des conducteurs français dans les semaines à venir : la ministre de l’Environnement a annoncé, le 5 janvier, qu’il devenait obligatoire dans les zones à circulation restreinte définies par les collectivités territoriales, et lors des pics de pollution induisant un arrêté préfectoral de limitation de circulation.

Méthode de classement discutable
Le fait de limiter la circulation des véhicules à moteur thermique dans le but de réduire la pollution peut se comprendre. Le problème, c’est que la France se base sur une nomenclature, définie par le ministère de l’Environnement, truffée d’incohérence.
Elle vise ainsi les véhicules les plus anciens, touchant les foyers les plus modestes sans s’attaquer à ceux qui peuvent acquérir un nouveau véhicule ou un véhicule électrique, encore onéreux malgré les aides gouvernementales :
- 10 000 € de subvention si on délaisse sa voiture diesel au profit d’une voiture électrique,
- 1 000 € de subvention pour l’acquisition d’un scooter électrique.

Amalgame auto-moto
Dans cette nomenclature on fait l’amalgame entre voitures et 2-roues motorisés.
Le ministère de l’Environnement classe tous les véhicules en fonction de la norme Euro à laquelle ils devaient répondre quand ils ont été mis en circulation.
- Le fait qu’il y a une différence entre normes Euro auto et moto n’est pas pris en compte. Cela défavorise les motos, qui ont été soumis aux normes Euro plus tard et ont eu des délais plus rapides pour s’y adapter.

- Cette nomenclature ne mesure les émissions polluantes qu’en fonction d’un taux d’émission à un instant T. Elle ne tient pas compte des émissions globales de chaque véhicule lors d’un trajet.

Or, en milieu urbain, un 2-roues met moins de temps qu’une automobile pour parcourir le même trajet du fait qu’il prenne moins de place sur la route, qu’il se joue des embouteillages et qu’il prenne moins de temps pour trouver un stationnement.

- La nomenclature ne tient pas compte du taux d’occupation par véhicule : une personne sur un 2-roues, c’est 50 % d’occupation ; une personne dans une voiture, c’est un cinquième d’occupation.

Peu de différence entre essence et diesel
- La nomenclature marque peu de différence entre les carburants diesel et essence, ce qui défavorise les 2RM, qui fonctionnent en grande majorité à l’essence.
- À cause du dispositif Crit’air, une collectivité territoriale ne peut interdire les véhicules diesel tout en autorisant les véhicules carburant au sans plomb puisque l’interdiction ne tient compte que de la date de mise en circulation des véhicules.
Or, 94 % des émissions d’oxyde d’azote du trafic routier proviennent des véhicules diesel.


À lire : - La vignette « anti-pollution » Crit’air devient obligatoire

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