Norton malmené, Norton, tourmenté, mais Norton racheté, aurait peut-être pu dire un certain de Gaulle s’il avait été anglais…

La marque britannique est en effet passée sous le giron de TVS Motor Company Ltd. Le troisième constructeur indien de 2 et 3-roues motorisés a déboursé pour cela 17 millions de livres, environ 18 millions d’euros.

Dévoilées fin 2018, les Atlas 650 Ranger et Nomad font partie de la gamme de la marque, dont on ne sait pour l’instant comment elle sera “travaillée”. (Photo Norton)

Même si le timing peut surprendre en cette période d’incertitude liée à l’épidémie de Coronavirus, « c’est un moment important pour nous, s’est évidemment réjoui Sudarshan Venu, directeur général adjoint de TVS Motor Company. Norton est une marque emblématique reconnue partout sur la planète et représente pour nous une immense opportunité à l’échelle mondiale. […] Nous allons étendre notre soutien à Norton pour qu’elle puisse retrouver sa pleine gloire dans le paysage international de la moto ».

Sur ce plan, il va y avoir du travail car Norton est depuis longtemps en situation difficile.

Saga mouvementée

Le rachat par TVS est en effet le dernier épisode en date d’une saga commencée à la toute fin du 19e siècle, et, surtout, régulièrement mouvementée. En particulier depuis le milieu des années 2000, quand elle avait refait surface après avoir disparu en 1976. Et la gestion apparemment plus que discutable, voire douteuse, de Stuart Garner, le très controversé patron de Norton depuis 2008, n’a rien arrangé.

Pour l’instant, TVS Motor n’a pas donné de précision quant à ses plans pour la désormais marque ex-anglaise. Depuis quelque temps, le site internet affiche toutefois ce message (ci-dessous) « Pour les 100 prochaines années ! » et demande aux acheteurs de modèles « de la société anciennement connue sous le nom de Norton Motorcycles (UK) Limited » de se faire connaître en remplissant un questionnaire s’ils ont « des questions sur des commandes non livrées ».

« Très attractive, Norton pourrait combler le vide technologique de TVS et lui donner de nombreuses années d’avance sur ses concurrents », veut croire un spécialiste cité par notre confrère indien The Economics Times. En attendant de le vérifier ou pas, « [l’opération que nous avons faite] reflète la montée en puissance rapide de […] l’Inde sur le marché international du 2-roues motorisé », a conclu le directeur général adjoint de TVS Motor.

Incontournable Inde ?

Sans préjuger évidemment de ses suites effectives, le rachat de Norton est en effet une nouvelle preuve que l’Inde et son gigantesque marché — plus de 17 millions de 2-roues motorisés vendus en 2019 — est de plus en plus incontournable. Pour les marques européennes, notamment, puisque TVS travaille déjà avec BMW, alors que KTM et Triumph sont associés à Bajaj — par ailleurs deuxième actionnaire (47 %) de KTM. 

Mais aussi pour les entreprises locales. En 2013, Hero MotoCorp avait racheté certains actifs d’Erik Buell Racing (ex-Buell), mais l’histoire s’est mal terminée avec la faillite d’EBR deux ans plus tard. Mahindra&Mahindra, lui aussi groupe indien majeur, a déjà mis la main sur Peugeot, sur une autre icône anglaise, BSA, et le constructeur tchèque Jawa. Dont les motos devraient revenir prochainement dans nos contrées.

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