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Le parking est noir de monde, en ce mois d’avril 2017. Les motards affluent de tous les côtés au guidon de leurs motos. Pour rien au monde, ils ne louperaient l’inauguration de l’Ace Cafe de Barcelone, la capitale catalane.
Fernando Sanchez, qui a convaincu quatre associés de se lancer dans cette aventure, a réussi son pari. Barcelone est le sixième Ace Cafe au niveau mondial. La recette reste la même depuis l’origine : concerts, décors sixties, motos, restauration accessible et de qualité... sans oublier la boutique souvenir. Pour les puristes, les Ace Cafe d’aujourd’hui n’ont plus grand chose à voir avec le mythique lieu londonien original. Mais venir au Ace Cafe reste un excellent moyen de se replonger dans l’ambiance mécanique des années 50-60.

Un peu d’histoire
Ace Cafe, le nom à lui seul évoque les sixties et le rock’and roll. Il fut le plus populaire de tous les cafés fréquentés par les motards Anglais dans les années 50-60. Véritable institution, le premier Ace Cafe a ouvert ses portes en 1938.
Situé en bordure d’une route donnant sur la voie rapide, la célèbre « North Circular Road » - le périphérique qui contourne Londres - le Ace Cafe est un ensemble de bâtiments comprenant une station-service, un espace lavage, un atelier de réparation et un café-restaurant. Il est très apprécié des voyageurs de passage et tout particulièrement des camionneurs. Ouvert 24h/24, l’endroit devient rapidement un lieu de rencontre pour les motards de l’époque qui aiment venir y boire un verre ou manger un plat chaud.

Détruit puis reconstruit
Durant la guerre 39-45, l’Ace Cafe est démoli suite à un raid aérien. Après reconstruction, il rouvre ses portes en 1949. Le lieu est alors réputé pour ses plats maison. À partir des années 1950, le trafic de camions augmente provoquant la multiplication de restaurants « routiers » (baptisés « cafés » en anglais). C’est également l’avènement des phénomènes teenagers et les débuts du rock’n roll. Les jeunes, en quête de reconnaissance, s’affirment.
L’économie du pays est au beau fixe. Il y a du travail pour tout le monde. L’industrie de la moto britannique est à son apogée. Les jeunes s’achètent des motocyclettes et adoptent le look qui va avec. C’est beaucoup plus économique à l’époque que d’investir dans une auto !

Pris d’assaut
Les cafés sont véritablement pris d’assaut les week-ends par ces « Leather Boys », qui se distinguent par leur blousons noirs et leurs machines. Ils y viennent pour faire fonctionner les jukebox qui diffusent du rock ’n roll, musique à l’époque interdite de diffusion sur les radios anglaises. Rapidement des défis sont organisés par ces jeunes assoiffés de sensations fortes. Relier deux cafés le plus rapidement possible devient un jeu de prédilection. Ils se dénomment d’ailleurs eux-mêmes les « ton-up boys ». Cette expression populaire vient de « ton » ou « magic ton » qui désigne le motard qui roule à plus de 100 mph (160 km/h). Pour arriver à faire « The ton », les bécanes sont modifiées. On y monte des guidons bracelets on les allége de toutes les fioritures afin de gagner du poids. Nous sommes alors bien loin de la moto de grand papa de l’époque. La moto devient une machine de courses, un « Racer » qui devient pour l’occasion « Cafe Racer ».

Les Triumph s’imposent
Les machines les plus prisées pour servir de base à la transformation en Cafe Racer sont les twins Triumph. Ces motos sont privilégiées pour leur prix, bien plus accessible que celui des Vincent ou des BSA, mais aussi pour la facilité avec laquelle il est possible de gonfler leur moteur, surtout les 650 cm3. Dès les années 50, c’est Norton - avec son châssis Featherbed (cadre en tubes légers en acier au chrome-molybdène) - qui va s’imposer pour sa tenue de route exceptionnelle. La machine la plus emblématique de l’époque fut la Triton, un bitza fait d’un cadre Norton Featherbed et d’un moteur de Triumph Bonneville.

Course contre la mort
Le Ace Cafe, avec l’accès à la fameuse « North Circular Road », est alors le lieu le plus prisé des jeunes motards. Certains soirs, sur le parking, plusieurs centaines de motos stationnent. Les motards viennent pour boire un thé, manger un morceau. C’est aussi un lieu de rencontre des motos-clubs, dont le fameux « Fifty nine club » - « 59 Club » ou « The 9’ » - né au Ace Cafe en 1962. Mais l’endroit est également le point de départ des runs. Dès la tombée de la nuit, les motards s’assoient sur un petit muret situé juste en bordure de la route. Ils attendent avec impatience que la circulation routière diminue avant de se lancer des défis. Une pièce dans le juke-box, un coup de kick, poignée dans le coin… et c’est parti pour une boucle de 3 minutes - le temps du disque - qui les ramènera à leur point de départ. Au début des années 60, les Ton Up Boys cèdent la place aux Rockers qui viennent aussi écouter de la musique.

Fin du 1er acte
En 1963, le Ace Cafe servira de décor au film Leather Boys de Sydney Furie avant d’être fermé en 1969. L’Ace Cafe sera transformé, tour à tour, en station-service, en bibliothèque avant de finir en entrepôt de pneus.

Renaissance
En 1993, Mark Wilsmore, ancien policier londonien passionné de moto décide d’organiser avec des amis un évènement pour marquer le 25e anniversaire de la fermeture de l’Ace Cafe. L’événement rassemble plus de 12 000 motards sur l’ancien site du café. Mark, convaincu de l’intérêt du lieu pour les motards, décide de renouveler l’expérience en d’organisant chaque année les Ace Day. Le 7 décembre 1997, Mark Wilsmore rouvre l’Ace Cafe, rebaptisé Ace Cafe London.

Changement d’époque
L’endroit n’est plus ouvert 24h/24 et les fans de moto doivent également laisser un peu de place à ceux d’automobile. Des émissions emblématiques, à l’instar de Fifth Gear et Top Gear, y sont tournées régulièrement. Avec les modes rétro et hipster, des marques de moto prennent possession du lieu pour des soirées spéciales. Bref, L’Ace Cafe London tient plus du bar branché aujourd’hui. L’âme du lieu y reste toutefois présente. Il suffit juste de fermer les yeux pour se replonger dans les 60’s.

Pour découvrir le Ace Cafe de Barcelone, vous pouvez visiter le site Internet et la page Facebook. Si vous voulez vous y rendre l’adresse est :
C/De les Ciencies , 105
08908 L’Hospitalet de Llobregat

Bonne balade !

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