Un enjeu sécuritaire majeur
Le 12 juillet 2019, le maire de la capitale éthiopienne écrivait sur son compte Twitter « la ville a lancé un plan d’efforts pour mener une régénération d’Addis, à l’aide de trois initiatives : une Addis en meilleure santé, une Addis renouvelée, et une Addis au service des autres ». L’interdiction des 2-roues motorisés, entrée en vigueur le 7 juillet 2019, semble répondre à cette volonté de réformer sa ville.
Ce bannissement ferait suite à une enquête menée pendant une semaine dans la capitale éthiopienne qui aurait montré « qu’un nombre significatif d’activités criminelles commises dans la ville le sont à l’aide de motos », notamment des vols à la tire, des agressions ou des braquages précise l’élu municipal.

Une mesure qui inquiète
Alors que la mégalopole de 4 millions d’habitants était jusqu’alors considérée comme relativement tranquille et sans danger, l’indice de criminalité y serait en hausse depuis 3 ans. Selon le site numbeo.com, il se situerait à 43,89 (le même site attribue à Paris un indice de 51,40 et de 52,24 à Londres). Si la mesure vise à endiguer une délinquance croissante, elle handicape également de nombreux travailleurs dont le 2-roues reste le moyen de mobilité privilégié ; si la municipalité a promis que les véhicules utilisés à des fins diplomatiques ou par les entreprises ne seraient pas concernés par l’interdiction, les jeunes entrepreneurs et les dirigeants de start-ups ne cachent pas leur inquiétude ; Ambaye Michael Tesfay et son associé Temesgen Gebrehiwot, responsables de la jeune entreprise de livraison ZMall, déclarent au Monde avoir été obligés de cesser leur activité à cause de la mesure, et s’inquiètent pour ceux qui gagnent souvent leur vie grâce à ce moyen de transport.

Addis-Abeba, déjà soumise cette année aux coupures d’électricité fréquentes, se voit donc au centre d’un débat économique et sécuritaire, alors même que le nombre de 2-roues dans ses rues a explosé ces dernières années. Considérés comme des fluidifiants du trafic, l’interdiction des motos et des scooters pourrait également avoir un impact négatif sur la circulation et la pollution au sein de la mégalopole éthiopienne.

Photo du compte Twitter du maire d’Addis Abeba

© photo de logo : site de la municipalité d’Addis Abeba

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