Mésentente consommée
Voilà six semaines consécutives que les motards sont les moteurs d’un mouvement de contestation contre la vision toujours plus répressive de la sécurité routière. Pierre d’achoppement de cette évidente mésentente entre gouvernés et gouvernants, la fameuse décision d’abaisser la vitesse maximale sur les routes du réseau secondaire de 90 à 80 km/h. Outre l’absence totale de concertation qui a présidé à cette décision, les associations craignent qu’elle conduise à une augmentation du nombre de flashs pour excès de vitesse. Pour mémoire, le chiffre d’affaires 2016 des radars flirtait avec le milliard d’euros.

Panneaux immédiatement vandalisés
Nos confrères de Lyonne.fr viennent justement de publier un article qui permet de quantifier cette augmentation. Les Icaunais sont bien placés pour dresser ce premier bilan, l’Yonne ayant accueillie une zone test. Au 1er juillet 2015, 55 km de la RN151, entre Auxerre et La-Charité-sur-Loire, voyaient leur vitesse maximale autorisée passer de 90 à 80 km/h. Dès le 2 juillet, soit le lendemain, 55 panneaux « 80 km/h » étaient déjà vandalisés rapporte toujours lyonne.fr.

 

Les Icaunais, non contents d’avoir déjà été désignés comme beta-testeurs de cette mesure ont eu une seconde surprise. Le 13 avril 2016, le radar de Merry-Sec (au lieu-dit « L’Herbe verte »), situé sur la zone de test à 80 km/h, devenait le deuxième du département à pouvoir flasher dans les 2 sens de circulation. Ce sont les infractions relevées par ce radar qui ont littéralement explosé. Elles ont été multipliées par 15 depuis le passage de 90 à 80.

1500% de croissance
Voici le détail de l’évolution du nombre de flashs.
- 2013 : 53 infractions (une petite année pour le radar malencontreusement mis hors services à plusieurs reprises suite à des dégradations).
- 2014 : 161 infractions (+303%)
- 2015 : 340 infractions (passage de 90 à 80 km/h au 1er juillet : +211%)
- 2016 : 931 infractions (le radar flashe dans les 2 sens depuis le 13 avril :+273%)
- 2017 : 2 361 infractions (+253%)

Soit, entre 2013 et 2017, une augmentation du nombre de flashs de 4 454 % et, entre 2014 et 2017, une augmentation de 1 500 %. Jolis scores ! Les autorités parisiennes font figure de petits bras. Lors du passage de la vitesse maximale autorisée de 80 à 70 km/h sur le périphérique, le nombre de flashs n’avait progressé que de 334% (source : Auto Plus)

Vos excès de vitesse servent l’intérêt commun
Que l’on se rassure, le Premier ministre Edouard Philippe a bien indiqué dans le cadre du CISR qu’un « fonds d’investissement pour (...) la prise en charge des accidentés de la route (...) sera doté de l’intégralité du surplus des recettes perçues par l’Etat lié à l’abaissement des vitesses maximales » (sic !).

En un sens, c’est une bonne nouvelle. Admettons par exemple que vous vous blessiez à cause d’un nid de poule sur la route. Et bien grâce à l’ensemble des usagers de la route piégés par les radars et l’abaissement de la vitesse autorisée, des structures médico-sociales et sanitaires pourront vous soigner. Évidemment, on aurait - aussi - pu éviter que vous ne chutiez en éliminant le nid de poule de la chaussée.

Bon ça va maintenant à toujours chercher la petite bête ! Plutôt que de vous obstiner à signaler les infrastructures dangereuses, contentez-vous donc de faire suffisamment d’excès de vitesse pour financer les structures médico-sociales vouées aux soins des accidentés de la route. C’est aussi ça la solidarité entre usagers ! Y’paraît que les motards sont solidaires, non !?

Avec Frédéric Roy de la FFMC89

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