Dans le petit monde de la suspension, la marque autrichienne WP est un cas à part. D’origine néerlandaise, elle est passée dans le giron de KTM en 2008, et vole désormais de ses propres ailes. Plus que des suspensions, WP produit désormais des cadres, échappements, mais aussi des radiateurs.

Multimarques
Et pas uniquement pour le constructeur de moto orange. WP propose ses services à Aprilia, Ducati, Moto Guzzi et MBK. Elle produit même des radiateurs pour le secteur automobile haut de gamme, avec des références comme Lamborgini, Ferrari, Audi et Bentley...

Autrefois baptisée KTM Kuheler, la branche radiateur d’eau ou d’huile est sous le giron de WP depuis 2010. Si les cadres et échappements en monte d’origine sont produits pour KTM (et Husqvarna) depuis 2012, on retrouve les suspensions autrichiennes sur de nombreux modèles européens comme les Triumph Trophy et Tiger XC, les BMW F800R mais aussi les moto d’enduro françaises Sherco.

De l’air dans le cross
Sur l’important marché du tout-terrain, en plus de KTM et Husqvarna, WP propose depuis peu des fourches de seconde monte à Honda et Kawasaki.

En compétition, le n°1 continue à travailler en étroite collaboration avec le spécialiste et importateur français Donerre suspensions. WP lui a d’ailleurs racheté plusieurs brevets. Traxx system, PDS, fourches à doubles cônes sont autant d’innovations que l’équipementier autrichien est seul à proposer actuellement.

Fourche à air
Le jour de notre visite, WP introduisait sa première fourche dite à air, baptisée AER48, sur la nouvelle gamme KTM SXF 2016. Particularité du modèle autrichien comparé aux modèles concurrents Showa et Kayaba qui équipent respectivement Honda et Yamaha ? Une facilité de réglage (une seule sortie) et une séparation des fonctions par tubes qui permet de conserver un ressort à droite et donc de ne pas « crever » de l’avant en cas de fuite du joint. Une corde de plus à l’arc du manufacturier, qui ne mise pas sur la fin des suspensions à ressort pour autant.

Objectif MotoGP
En compétition sur route, la marque autrichienne s’est aussi fixée d’importants objectifs depuis trois ans. Elle équipe déjà une bonne partie du paddock de Moto3 et Moto2, dont la machine du Français leader du championnat, Johann Zarco (photo). Un camion d’assistance et cinq ingénieurs suivent le championnat mondial en proposant leurs conseils aux teams ! Et ce n’est qu’un début : la marque prépare son arrivée en MotoGP, avec KTM, en 2017. Un engagement qui relance la compétitivité entre concurrents du milieu, notamment avec le Suédois Öhlins.

Suspensions intelligentes
Pour le tourisme et la route, le fabricant a présenté récemment de nouvelles suspensions électroniques SAF que l’on trouve sur la gamme Adventure de KTM. Avec une large palette de réglages, ces suspensions intelligentes évoluent en roulant et intègrent désormais un système anti-plongée (voir notre essai de la KTM Super Adventure 1290).

À terme, les ingénieurs de WP confirment que ces suspensions d’un nouveau genre se trouveront sur la Super Duke et la remplaçante de la SMT. Lors de notre visite dans l’usine de Matighöffen, la belle était d’ailleurs en cours de montage.

Mais au vu des récentes collaborations avec des marques comme Triumph et BMW, il ne serait pas étonnant de voir ces suspensions autrichiennes grandir sur d’autres machines européennes voire japonaises, à la manière de son principal concurrent, le géant suédois Öhlins.

Suspensions du Donerre !

Pierre de Fresne est un homme du genre ingénieux. Né en Belgique, il se met rapidement au sport local, le motocross. A l’entraînement, il trouve de nombreux défauts à ses suspensions. Il décide donc de les améliorer et en fait son métier. Paris-Dakar 96, 98, 99 et 2000, champion d’Espagne en Moto2, rallye du Maroc 2014 en camion… Vingt ans plus tard, il compte 9 brevets à son actif et un titre dans toutes les disciplines où son entreprise s’est creusée la tête.

Dans la moto, les suspensions Donerre se différencient par un brevet, que WP exploite aussi : le Detra, pour Détente rapide. Rebaptisé Traxx par WP, ce système combinant ressort et clapet spécifique est intégré dans l’amortisseur arrière et fait en sorte que la roue arrière retourne le plus rapidement en contact avec le sol. Un argument choc pour les crossmen et les enduristes, qui sont constamment en quête de motricité sur les terrains chaotiques… mais des applications sur route sont aussi à l’étude avec WP.

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