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Sur les motards aussi, puisque Dominique Perben entend s’attaquer au débridage de tous les deux-roues motorisés, cyclos comme motos. « Le débridage quasi-systématique des cyclomoteurs et d’une grande partie des motos de forte cylindrée contribue à la dangerosité particulière de ces modes de transport », a expliqué le ministre.

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Du coup le délégué interministériel à la Sécurité Routière, Rémy Heitz, est venu donner un petit coup de main à son nouveau patron. On dit que celui qui fut Monsieur Radar entre 2002 et 2005 aurait aimé en voir plus que 1 500 sur le bord des routes françaises.

Deux mesures sont prévues. Les sanctions pour la commercialisation d’un 2-roues à moteur débridé seront alignées sur celles prévues pour la commercialisation des dispositifs de débridage (2 ans d’emprisonnement, 30 000 € d’amende, confiscation du véhicule et, pour le professionnel, interdiction d’exercice de son activité). Ça, c’est pour les concessionnaires. Côté propriétaires on casque aussi... Le gouvernement regrette que le conducteur d’un 2RM débridé ne soit actuellement passible que d’une contravention de 4ème classe (amende forfaitaire de 135 €). « Afin de donner aux forces de l’ordre les moyens nécessaires à une meilleure poursuite de ces infractions, les peines seront aggravées : immobilisation et confiscation du véhicule, et pour les conducteurs de motocyclette, suspension du permis de conduire et retrait de quatre points », est-il écrit dans le dossier remis à la presse par les services du ministère des Transports.

Si elle va dans ce sens, la France persistera donc dans sa singularité européenne, étant le seul pays où les motos sont bridées à 100 ch. Aucune étude ne démontre que ce bridage est directement à l’origine d’une diminution du nombre d’accidents de motos.
Mais une question se pose, comment seront effectués les contrôles ? On voit mal les policiers mesurer la puissance de la machine sur le bord de la route. Il faudrait pour cela généraliser l’utilisation des bancs de puissance embarqués dans une camionnette. Le ministre est resté très imprécis sur ce qui semble relever plus de l’effet d’annonce que de la réelle mesure efficace. L’avenir nous dira ce que nous réserve la Sécurité Routière.

D’une manière générale, si l’accident de la route demeure une préoccupation du gouvernement, il semble bien que d’autres sujets, comme le chômage, soient prioritaires pour Villepin. En effet, à la fin des CISR de l’ère Raffarin-De Robien, entre 2002 et 2004, plusieurs ministres se pressaient devant micros et caméras. Là, Perben semblait bien seul, et perdu dans des dossiers qu’il ne maîtrise pas encore, comme le prouve le pataquès qu’a provoqué sa première sortie médiatique dans Le Parisien.

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